Le 22 octobre 1962, Kennedy a fait porter à De Gaulle les photos des missiles soviétiques à Cuba. De Gaulle a refusé de les regarder.
La parole du président américain lui suffisait, raconte son biographe Jean Lacouture. Le soir même, Kennedy révélait la crise au monde.
Le 14 octobre, un avion espion américain photographie des rampes de lancement à Cuba. L’île est à moins de 150 kilomètres de la Floride.
Kennedy décide d’agir. Avant de parler, il envoie un émissaire prévenir les alliés européens.
C’est Dean Acheson, ancien secrétaire d’État, l’équivalent du ministre des Affaires étrangères.
Le 22 octobre, à 17 heures, il est reçu à l’Élysée.
De Gaulle a compris. On ne vient pas le consulter, on vient l’informer.
La décision est déjà prise.
Il le remercie quand même. Puis il donne sa réponse.
Si les Soviétiques font pression sur Berlin, la France agira « en accord » avec les États-Unis.
Un expert de la CIA lui présente ensuite les photos.
À la télévision, Kennedy annonce les missiles au monde. Il décrète un blocus naval de Cuba, qu’il appelle une « quarantaine ».
En France, il est minuit.
Pendant six jours, le monde frôle la guerre nucléaire.
Le 28 octobre, le dirigeant soviétique Nikita Khrouchtchev accepte de retirer ses missiles.
Quatre ans plus tard, en 1966, la France quitte le commandement intégré de l’OTAN.
— @CeJourHistoire Oct 22, 2026
